Sensation de culpabilité
Dans le cœur.
Je me sens enthousiasmée
Pour aller vers ton refuge, en cachette,
Ta crique secrète.
C’est étrange,
Moi une dame de
Famille respectable et riche
Me promenant à cette heure tardive
Au milieu des bois et sans dame de compagnie ?
Que diront les gens si on
Me voit traverser mon jardin
Au milieu de la nuit ?
Pas de servante mais
Le cœur plein de nostalgie.
Je dois avouer
Ce n’est pas permis
Une dame qui trompe
Son con de mari !
Quelle honte
Pour la famille !
Je dois avoir l’air
D’une paysanne
Les cheveux qui sortent
Du bandeau fait de lin
Au lieu d’un jolie chignon
Décoré de diamants.
La robe n’est pas neuve ni jolie
Ni en soie !
J’ai mis une vieille
Très bonne pour cette fin.
J’ai les joues rouges
D’excitation.
Pas une seule goutte de maquillage
Car aucun de nous deux
N’aime cela.
Seuls les pirates sont libres
C’est ce que tu m’as dit l’autre nuit,
Te souviens-tu ?
Je veux être libre !
J’étais seule dans cette vieille demeure
Seules les bougies étaient réveillées
Des ombres dansaient sur le mur
Tous dormaient sauf nous.
Qu’as-tu pensé de moi ?
Une dame qui fait semblant d’être
Malade pour ne voir personne.
Et pouvoir s’enfuir vers la mer
Avec le cœur en chamade ?
Et le jour où tu m’as acceptée à bord ?
Quelle gentillesse !
Quelle animation de la part
De ton équipage !
C’était contre la loi
Avoir une femme à bord !
Le jour où nous sommes
Allés voler le plus beau bateau
De Monsieur Le duc,
As-tu des souvenirs de cette aventure ?
Une si jolie femme laissant tout
Derrière soi, argent, enfants et mari
Pour s’habiller en pirate ?
Personne ne pourrait soupçonner de quoi
Qu’il soit, sauf bien sûr
Il fallait y penser, monsieur le grand Duc !
Meilleur ami de mon mari chéri !
Et à la fin de cette histoire ?
J’avais mal au ventre,
Tâches de sang sur ma chemise
Et un envie folle de me mettre à rire !
Je n’oublierai jamais le visage de Monsieur le Duc
Dans son bateau de sauvetage, sans perruque !
Et il criait comme un fou,
« Il y a une femme a bord ! »
Je m’en fous que
Ce va penser mon mari
Par contre j’aurais dû m’inquiéter du sort
De quelques membres de ton équipage.
Le Duc réussirait-il à les capturer ?
Et toi ?
Pars vite mon amour,
Avant qu’il n’arrive et ordonne
De te pendre au plus grand arbre
De son jardin.
Amène-moi avec toi
Je t’en prie !
Je veux vivre d’autres aventures
Dans ton bateau au joli
Nom « Mouettes » !
Amène- moi à l’autre bout du monde,
Là tout de suite !
Tu m’apprendras à manoeuvrer
Le gouvernail ?
Et à me battre avec une épée !?
Non, non et non !
Tu ne pouvais pas savoir à
Quel point je ne suis pas
Ni princesse ni duchesse.
Ni combien je déteste tous les dîners de gala,
Et les visites des dames pour prendre du thé !
Mais tu as deviné à quel point
J’avais besoin de prendre du recul
De m’enfuir, comme toi.
Combien j’ai attendu pour partir
Combien j’ai rêvé d’une autre vie !
Celle d’un pirate à tes côtés !
Et non celle d’une reine, non mille fois !
Ta peau brune dorée par le soleil
Et les vagues de la mer me fascinent.
Tes yeux verts me taquinent
Et ta bouche hardie
Me hypnotise.
Arrête de dire des bêtises
Mon amour
Et partons vite,
Avant qu’il ne soit trop tard !
J’aurais cru au paradis
Pas de faux discours
Ni de dîners de Galas,
Adieux soirées ennuyeuses
Au revoir dames soumises.
Je suis libre à présent
Je suis prête à m’envoler
A la découverte de nouveaux mondes
Aux pays des amoureux
Aux pays du bonheur où
On sera heureux.